Marcel Béalu
auteur
Marcel Béalu est né en 1908 dans le Loir-et-Cher. A douze ans il doit gagner sa vie, ce qui l’amènera à changer plusieurs fois de métier avant de devenir un des plus fameux (et secrets) libraires de Paris. En 1937, on le trouve chapelier à Montargis où il rencontre Max Jacob qui l’encourage à écrire. D’emblée il a trouvé un ton bien à lui : cette sorte de fausse innocence où l’humour donne le change à une inquiétude trouble, comme voilée – d’autant plus lancinante.
Antonin Artaud ne s’y trompera pas qui, au lendemain de la Guerre, découvre dans les contes de Béalu (Mémoires de l’ombre, 1941 ; L’Expérience de la nuit, 1945 ; Journal d’un mort, 1947) un écrivain selon ses vœux, tourmenté comme lui par la « cruauté d’être ». Cette cruauté, on la retrouve en filigrane dans L’Araignée d’eau (1948), L’Aventure impersonelle (1954), Les Messagers clandestins (1956), Contes du demi-sommeil (1960). Après quoi l’inspiration de Béalu paraît s’apaiser : c’est son œuvre de poète qui va le requérir (L’Air de vie ; D’où part le regard) ; ses récits eux-mêmes tendent désormais à une certaine forme de conciliation – en tout cas de réconciliation.
Cela dit, on s’explique mal que les livres proprement météoriques composés entre 1941 et 1960 aient été si peu lus. Ces textes fascinèrent en leur temps des lecteurs non négligeables : Max Jacob et Artaud, mais aussi Jean Paulhan, André Pieyre de Mandiargues… Ils nous révèlent un héritier secret de Kafka et Hoffmann, et l’un des grands méconnus du XX° siècle.
Marcel Béalu meurt en 1993, il est enterré au cimetière du Montparnasse.

