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Jacques papy

traducteur

Jacques Papy a connu une notoriété qui lui a permis de voir son nom apparaître en couverture des livres qu’il traduisait à une époque où cela ne constituait pour les éditeurs qu’une mention annexe. C’est dire s’il bénéficiait d’une réputation dont on peut saisir l’importance en découvrant sa bibliographie, moins longue qu’élogieuse par la sûreté de ses choix. Né en 1908 à Foix, il passa l’agrégation d’anglais et enseigna au Lycée Buffon à Paris – un de ses anciens élèves évoque avec émotion un « merveilleux professeur, (…) qui avait la dégaine de Lenny Caution et l’accent d’Eddie Constantine » -, menant parallèlement une carrière de traducteur particulièrement sensible au fantastique sous toutes ses formes, et d’anthologiste, curieux de faire découvrir des pans méconnus d’un vaste domaine négligé en France. Il a surtout marqué les esprits par sa traduction d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll chez Jean-Jacques Pauvert et des œuvres de H.P. Lovecraft, suscitant néanmoins quelques controverses dont le bruit n’a pas fini de s’estomper, certains lui reprochant une critiquable prise de liberté dans son travail et des choix contestables. S’il fallait essayer de retenir quelques noms parmi tous les auteurs qui furent ses familiers, on citerait volontiers R.L. Stevenson, Fredric Brown, James Hogg, Alfred Bester, Sheridan Le Fanu, Fitz James O’Brien et Ambrose Bierce dont il élargit considérablement l’audience avec ses anthologies. Les éditions Casterman lui confièrent à la fin des années 60 le soin de rassembler des textes pour les volumes Histoires et Nouvelles histoires d’outre-monde, et Vingt pas dans l’au-delà. L’Arbre vengeur a de son côté choisi ses traductions pour des rééditions de David H. Keller (La chose dans la cave), de Mary Elizabeth Counselman (Noir minéral) et d’Ambrose Bierce (Le coup de grâce).

 

Préférer ne pas, Roger Price